La santé mentale, LE grand sujet de ces dernières années. La grande cause nationale 2025, selon le site du gouvernement français (permettez-moi d’en rire). En quelques chiffres, on constate aisément la place importante, quoique bien trop négligée de la santé mentale en France :
⚡️ 1 personne sur 4 va souffrir d’un trouble mental à un moment de sa vie
⚡️ 23 % des Français ont le sentiment de ne pas prendre soin de leur santé mentale dont 36 % des femmes et 38 % des 18-24 ans
⚡️ 70 % des Français cautionnent un stéréotype concernant les personnes atteintes de troubles de santé mentale
⚡️ 1 salarié sur 4 se dit en mauvaise santé mentale.
Mais revenons à ce silence de ces quelques semaines passées… Si j’étais honnête, je dirais que j’ai continué à poster alors même que je stressais à mort. En fait, ma bonne santé mentale dépend de mon taux de stress. Et ce printemps, je n’ai pas été épargnée ! Faire semblant n’étant pas la solution à long terme, cette petite pause était nécessaire. Elle m’a fait du bien et m’a permis de continuer à m’inspirer, à défaut d’être active sur House Of Freaks. Le constat est le suivant : malgré toute ma bonne volonté, je n’arrive pas à pauser mon cerveau. Je suis sans cesse en train de réfléchir, d’analyser ce que je lis, ce que je regarde. Il y a toujours une idée qui se révèle dans ce qui me tombe sous la main. Disclaimer : ce post va parler de ma vie durant ces deux derniers mois. Si cela ne t’intéresse pas – ce que j’entends -, ne lis pas.
En mai 2025, la trentenaire sans aucun problème de santé, sans allergie ou égratignure que je suis se retrouve chez le médecin avec une sensation de grosseur au sein gauche. La médecin confirme et m’envoie passer une échographie, qui révèlera non pas une, non pas deux, non pas trois, non pas quatre… mais cinq grosseurs entre mes deux attributs. Il faut sacher que je n’ai pas de phobie particulière : les araignées je m’en fous, les serpents je m’en fous, les insectes je m’en fous…
Mais la simple idée de tomber malade me terrifie. Lorsque je pense à ces enfants et toutes ces jeunes personnes qui souffrent et/ou meurent d’un cancer, cela me fait si mal que… j’ai pas de mots pour terminer cette phrase. Les hôpitaux ne me rappellent pas de bons souvenirs, encore trop vifs, et le simple fait de débarquer dans ce couloir à l’odeur et au blanc si terrifiants suffisent à accélérer mon rythme cardiaque. Je tremble et souris bêtement pendant les démarches d’entrée. Pendant l’examen, ma respiration est de plus en plus rapide, voire frénétique. Jusqu’à ce que la médecin parle de “biopsie”.
Dans ma tête, mon monde s’arrête. Je me rends compte que je ne suis pas intouchable. C’est con. C’est encore bien plus con à écrire, après coup. Mes larmes jaillissent, toujours en silence, parce que je ne veux pas alerter sur l’état profond de panique dans lequel je m’apprête à entrer pour les prochaines semaines. La médecin me rassure mais ce mot maudit résonne. Une voix dans ma tête me dit : “J’espère que tu as bien profité de ces dernières années sans aucun problème de santé ?”, d’un ton ironique. Le rendez-vous est fixé pour dans 3 semaines. 3 semaines qui paraissent être demain pour beaucoup, mais qui me donnent l’impression d’une éternité. Je me promets de ne pas consulter Doctissimo afin de me protéger des théories qui incriminent les tomates cerises de Grand Frais (alors que bon, Grand Frais, ça va !).
En revanche, et sa présence médiatique y est sans doute pour beaucoup, je trouve refuge dans du Pedro Pascal content. À ce moment précis, j’ai besoin de bienveillance, de sécurité, qu’on me rassure, qu’on me dise sans arrêt de ne pas m’inquiéter. J’avais besoin d’une bulle qui me coupe de l’extérieur. D’une personne qui soit une figure sécurisante. Pedro est devenu ça pour moi. Le pauvre n’a absolument rien demandé et il a contribué à faire de ces quelques semaines un espace temps plus vivable. En bref, just like that, Pedro est devenu ma bouée.
Vendredi 6 juin, je me réveille en crise de panique à 5h. Une heure que je ne connais pas habituellement. Je vais vomir. Puis, nouvelle vague de panique. La journée va être longue… J’arrive au centre de radiologie, je m’enregistre au rythme des bips et des semelles des chaussures orthopédiques sur le lino. Assise en salle d’attente, ma jambe tape sur des bambous comme le chantait Didier Barbelivien. Enfin je crois que c’est lui qui chantait ça. Le fait est que je suis tellement stressée que j’ai mal au ventre, que je n’arrive même pas à doom scroller et que j’ai juste envie de m’effondrer.
Je suis finalement appelée. Le médecin 1 me donne les consignes et le déroulé de l’intervention. Rien de bien exceptionnel car je savais à quoi m’attendre, mais le ratio entre donner le change et mon stress interne ne s’est pas équilibré. Je me suis mise à respirer si fort et si vite que la médecin 2 – la même qui m’a fait passer mon échographie il y a 3 semaines – m’a demandé de, je cite, “vider mes poumons, respirer profondément”, et de me détendre. Facile à dire quand c’est pas toi qui as les lobards à l’air devant deux inconnus, à quelques mètres du malaise. D’ailleurs, plusieurs fois la médecin 2 claque des doigts au-dessus de mes yeux pour me garder alerte, car j’ai bien cru m’évanouir plusieurs fois.
Je me mets à penser très fort à deux choses : Pedro Pascal qui danse, et au montage affreux de Brad Pitt à l’hôpital. Je sors, puis accompagne ma mère faire ses courses. J’atteins un pic d’activité post-anesthésie au point de faire deux fois le tour du magasin sans rien acheter. Je tombe de fatigue en rentrant et reste dans un état second jusqu’à l’heure d’aller dormir. Merci pour ce moment.
Les résultats de ma biopsie me sont transmis le 19 juin, et ils sont positifs. Je n’ai plus de quoi m’inquiéter. Une vague de soulagement m’envahit et avec elle vient la réalisation que j’ai mis ma vie entre parenthèses pendant 5 semaines. Mentalement, c’était un trou noir. Le fait d’aller courir ne me suffisait même plus, même si j’avoue que cette reprise du sport en début d’année a été bénéfique, tant pour le corps que l’esprit. Ce haut niveau de stress et la retombée de la pression m’ont mise dans un état de fatigue intense. Plus aucune inspiration, plus aucune force pour imaginer, écrire quoi que ce soit, ce qui n’était pas arrivé depuis un moment. J’ai d’abord ressenti de la culpabilité à ne pas “me bouger”. Puis je me suis dit qu’il fallait que je me donne du temps.
Récemment, j’ai relu mon journal depuis le début (automne 2023) et ce qui en ressort de façon évidente est que je ne me fous pas la paix. Cette énorme dose d’exigence que je m’inflige et pose sur mes épaules. Au contraire, la bienveillance inexistante envers moi-même. Aucune pause pour me dire : “regarde ce que tu as déjà accompli, où tu en es.” Toujours plein d’objectifs à remplir et de to do lists à cocher. Mais 0 temps pour moi et rien que pour moi. Alors j’ai décidé de :
⚡️ vivre mon Pedro Pascal summer 2025 à fond
⚡️ m’octroyer un week-end dans un endroit inconnu dans un cadre relaxant.
Je vous écris d’un hôtel à Belfort (oui OK, on fait pas dans le tourisme) après un massage de presque 2 heures… qui a ravivé ma douleur aux cervicales. On est sur une vibe Mémé, mais Anais est contente. Anais va se donner du temps et se recentrer sur ce qui compte et ce qu’elle aime. La famille, les amis, la musique, certains moments de vie. Et Pedro Pascal.