Chronique : Something Animal – Bestial Curse Part 1

SOMETHING ANIMAL, formation aux cinquante nuances de hardcore, présentera le 2 février son nouvel EP, Bestial Curse Part l. Ainsi, il succèdera à Urban Zoology (2019) et constituera la première étape d’un triptyque qui promet d’élargir progressivement les facettes qui forgent le son du quintette francilien. Je remercie Clément Duboscq de l’agence Vous Connaissez ? PR pour la découverte dès fin novembre, avec le premier extrait ‘L.I.O.N.’ – également présenté dans la toute première case du calendrier de l’Avent 2023 de House of Freaks et sa playlist ICI -.

Dès les premiers riffs de la piste introductive ‘Rats’, on est comme emprisonné par ce rythme mordant, cette voix rocailleuse et ces guitares dévastatrices qui nous plongeraient dans un mosh pit aux bousculades aussi fortes que les odeurs nauséabondes. Cette sensation, pourtant étouffante sur le papier, est bienvenue ici grâce à la musique accessible de SOMETHING ANIMAL.

Paradoxalement, chaque chanson porte le nom d’un animal qui symbolise la liberté et une certaine forme d’impénétrabilité : ‘Rats’, ‘L.I.O.N.’, ou encore ‘Dove’. Comme si ces titres détenaient le pouvoir, à eux seuls, de contrer les thèmes abordés dans les paroles des cinq morceaux. En effet, Bestial Curse Part l expose un bien triste constat sociétal : le manque d’interactions et l’absence de liens humains, et l’importance de l’image qui l’emporte sur l’esprit, entre autres.

Selon moi, l’un des titres les plus emblématiques de l’esprit de cette musique chaotic hardcore est ‘Bird’. Le deuxième single extrait de l’EP est sorti début janvier et évoque une autre dérive de notre société actuelle : l’individualisme humain. À ce sujet, Vincent (chanteur et parolier), explique :

« Le morceau traite de l’individualisme humain porté à son pinacle, devenu une norme. Une culture à part entière où tombent dans l’oubli le lien humain et l’interaction humaine au sens noble. Cela croisé avec la disparition progressive des valeurs humanistes, volontaristes vers l’autre. L’image importe plus que l’être, une idée déjà ancienne mais qui a désormais dépassé le stade de la caricature. On est passé de « je pense donc je suis » à « je crois être donc je mérite ». »

Bestial Curse Part l, c’est 16 minutes d’une rage intense, d’une intensité abordable qui me manque parfois dans la musique hardcore. Ce que je reproche parfois à ce style musical, c’est la sensation qu’il faille poser son cerveau pour en profiter au maximum. Peut-être que je passe littéralement à côté du ‘truc’ aussi. Mais entre rythmes implacables grâce au duo basse-batterie et passages plus mélodieux issus des riffs des deux guitares, cet EP est merveilleusement composé ! SOMETHING ANIMAL m’a donné envie de m’intéresser de plus près à l’essence de cette musique chaotic hardcore en me faisant comprendre que sa scène n’est pas seulement composée que d’artistes hurlant, crachant dans un micro sans réel but.

Source : Clément Duboscq – Vous Connaissez ? PR

Artwork de l’EP : Camille Murgue

something animal Bestial Curse Part 1 chaotic hardcore vous connaissez PR ? refused every time I die
Crédit photo : Bastien Denizot
something animal Bestial Curse Part 1 chaotic hardcore vous connaissez PR ? refused every time I die

Something Animal
Bestial Curse Part 1

Origine : France

Date de sortie : 02.02.2024

Labels : Autoproduit

Genre.s / sous-genre.s : chaotic hardcore

Écouter Bestial Curse Part 1