Chronique : ONELIFE - To Die

ONELIFE sort son premier album To Die fin août dernier, 22 ans après sa formation. Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Je t’explique : ONELIFE se forme en 2002 à Chicago et se niche dans la scène punk / metal. En 2003, le groupe sort une demo 2-titres, mais se sépare deux ans plus tard. Les quelques scènes écumées par ONELIFE sont réussies, marquantes, et surtout prometteuses. Les fans peuvent les applaudir en première partie de Fall Out Boy, entre autres. Si le début des années 2000 n’était pas une période propice au développement des boys bands, il est sûr que voir 5, 6 gars sur scène s’unir et harmoniser sur des refrains n’était carrément plus tendance. Néanmoins, le style joué par ONELIFE sur sa demo et un EP (dont on ne trouve que de vagues traces ça et là) se rapproche de celui de Thrice, Underoath, Taking Back Sunday… Tout était donc paré pour rouler ! Mais le groupe ne l’entend pas de cette oreille et refuse au moins un contrat proposé par Little League Records (à l’époque, on ne refusait rien au label qui a lancé The Academy Is…). Le groupe aurait refusé avant une proposition de Victory Records, mais c’est moins grave étant donné le désastre médiatique autour de ce label. Que ce soit le groupe ou une tierce personne décisionnaire dans cette étape, je pense que cela a été une erreur.

C’est en 2020 qu’entre en jeu le chanteur du groupe internationalement reconnu Plain White T’s, Tom Higgenson. Le frontman convainc non seulement les musiciens de se réunir, mais aussi de publier leur premier album avec le matériel déjà enregistré presque vingt ans auparavant. ONELIFE se remet alors au travail, fort d’un nouveau line up composé de Ryan Armour au chant principal, Pat Gilroy, Eric Vorel et Stephen Mueller au chant et à la guitare, Jeremy Galanes au chant et à la basse, et Chris Mason à la batterie, et réenregistre onze titres, dont les deux de la demo sortie en 2003 ‘She Came to Me’ et ‘According To Your Will’.

To Die, c’est l’album anachronique qu’on attendait plus et qui aurait pu tomber dans l’oubli et les tiroirs poussiéreux d’un studio. Sorti chez Humans Were Here Records, le label de Tom Higgenson, cet opus porte en lui l’âme de tous les emos des années 2000. Dont la mienne, en effet. Aujourd’hui, la musique sonne étrange, comme si c’est nous qui étions restés bloqués à cette période où le mouvement des rebelles à mèche était en pleine expansion. Je plaisante, mais qu’à moitié : chaque chanson de To Die est un recueil de refrains rock, entre chant clair bien produit et screams légers. Cinq membres sur six chantent différentes parties vocales. Les refrains des titres ‘I Never Wanted’ et ‘This Bitter Pill’ entrent dans votre tête sans que vous vous en rendiez compte. La recette fonctionne toujours et elle est d’autant plus efficace que le matériel est authentique car à peine retravaillé.

Il ne faut jamais dire jamais, mais je pense que ONELIFE aurait pu être très gros à une époque. J’espère pour le groupe qu’il n’est pas trop tard et qu’il pourra nous présenter ce qui dort depuis bien longtemps, voire davantage. To Die est un album qui m’a fait du bien, qui m’a ramené quelques années en arrière et m’a permis de me remémorer cette période bénie où mon seul problème était d’avoir un bon bulletin de notes. Aux fans de Plain White T’s et de Thrice : je vous le recommande chaudement !

onelife to die album humans were here records thrice underoath taking back Sunday she came to me according to your will
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ONELIFE
To Die

Origine : Chicago, USA

Date de sortie : 30.08.2024

Labels : Humans Were Here Records

Genre.s / sous-genre.s : metal, punk

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