Interview : Sunstinger

Lorsque j’ai découvert Sunstinger en fouillant Internet, j’ai tout de suite su que le groupe écossais ferait partie de mes coups de coeur de mon été, voire cette année. Originaire de Fife, le quintette Shoegaze puise ses influences auprès de formations iconiques telles que Joy Division, The Charlatans ou encore Slowdive. Entre paysages sonores cinématographiques, mélodies psychédéliques et voix envoûtantes, la musique de Sunstinger est inspirante, profonde, et illustre parfaitement ce style insaisissable et à la fois si prenant.

Taylor Wright (chanteur / guitariste) admet qu’il n’aurait jamais pu prévoir la longévité du groupe : « Là d’où nous venons, il y avait une scène musicale bien vivante », explique-t-il à Post-Burnout en évoquant la création du groupe. « Quand j’étais jeune, c’était dans un endroit appelé Glenrothes. Quelques groupes s’y produisaient. Du coup, beaucoup de gens des villages des environs se rendaient dans cette ville, tu vois, pour sortir le soir, voir des groupes et tout ça, et on se retrouvait dans des endroits comme ça. Et il y avait une scène musicale à Dunfermline. C’est là qu’on est en quelque sorte basés, maintenant. »

Aujourd’hui, House Of Freaks vous propose une nouvelle interview avec un groupe que je recommande vivement ! Le nouvel EP, SPARE ME THE RAPTURE, sera bientôt disponible. Découvrez le premier single éponyme un peu plus bas !

« Au-delà de la géographie, cependant, nous puisons notre inspiration dans le romantisme noir et la psychologie intérieure. »
Taylor Wright - Sunstinger

Vous puisez l’essentiel de votre inspiration dans les paysages post-industriels de Glasgow. Qu’est-ce qui vous inspire également ?

L’environnement post-industriel du Fife et de Glasgow : l’architecture brutaliste, les cieux gris et les communautés en déclin… Ce qui fait sans aucun doute partie de notre ADN. Au-delà de la géographie, cependant, nous puisons notre inspiration dans le romantisme noir et la psychologie intérieure. La tension entre la beauté et la dévastation.

Pourriez-vous m’expliquer comment vous traduisez des paysages sonores cinématographiques en shoegaze ? Comment ce processus fonctionne-t-il ?

Pour nous, tout est une question de superposition. Nous utilisons des pédales de guitare pour créer de nouveaux sons et évoquer des ambiances spécifiques. Plutôt que de simplement monter le volume, nous nous concentrons sur les changements dynamiques.

Votre dernier single ‘SPARE ME THE RAPTURE’ présente un son shoegaze plus lourd. Était-ce votre choix d’opter pour un son plus lourd en ajoutant un troisième guitariste ?

Il ne s’agissait pas seulement de volume brut ; c’était davantage une question de séparation des textures. Avec deux guitares, nous devions choisir entre garder la mélodie principale claire ou noyer le morceau sous un fuzz atmosphérique. Avoir trois guitares nous offre beaucoup plus de liberté.

Ce que j’adore vraiment dans ce single, c’est que, selon que l’on l’écoute au casque ou sur des enceintes, on perçoit quelque chose de complètement différent : le son est bien plus « violent » sur les enceintes qu’au casque, où il semble plus intime. Était-ce intentionnel ?

Cette dynamique était délibérée. Lorsque nous avons enregistré avec le producteur Sean Mitchell chez Organic Audio, nous avons évité les artifices de studio et capturé le groupe en train de jouer avec la même force physique brute que celle que nous déployons lors de nos concerts.

Au casque, les détails de panoramique et les délais révèlent la séparation entre les pistes de guitare, tout en gardant la voix proche et vulnérable. Sur les enceintes, les basses profondes et les fuzz superposés s’effondrent en un mur de son massif. Le shoegaze doit être vécu comme une expérience multisensorielle.

« Sur le plan personnel, le nouvel EP s’agit d’essayer de me comprendre moi-même. »
Taylor Wright - Sunstinger

Pourriez-vous me parler de votre prochain EP ?

Notre prochain EP de six titres, SPARE ME THE RAPTURE, s’articule autour de la recherche d’un réconfort dans la misère plutôt que d’espérer un salut impossible. Au niveau des paroles, il traite de la difficulté de se tracer un chemin individuel dans un environnement qui semble déjà prédéterminé par l’histoire. Sur le plan personnel, il s’agit d’essayer de me comprendre moi-même. D’essayer de comprendre mon essence. De creuser profondément pour voir ce que je peux y trouver.

Quelles émotions ont surgi tout au long de l’écriture ?

Une grande partie de ce travail portait sur la découverte de soi. Essayer de comprendre qui on est réellement par rapport à ce qu’on est censé être. Il y a beaucoup de contradictions émotionnelles : se sentir piégé par les circonstances, mais trouver un sentiment de paix et de résilience une fois qu’on les accepte.

« On n’avait pas de ligne directrice claire à l’époque. C'est le cas aujourd'hui. »
Taylor Wright - Sunstinger

Qu’aurais-tu aimé savoir avant de te lancer dans cette carrière ?

J’aurais aimé mieux savoir jouer de la guitare. J’aurais aimé savoir que le Shoegaze n’était pas réservé aux étudiants en école d’art. Mais sérieusement, on aurait sans doute pu consacrer plus d’efforts à la communication à nos débuts. On n’avait pas de ligne directrice claire à l’époque. C’est le cas aujourd’hui, et je pense que SPARE ME THE RAPTURE est le résultat direct de cette orientation.

Selon toi, quelles sont les compétences les plus précieuses dans le poste que tu occupes actuellement ?

L’engagement, je pense. Rester fidèle à sa vision malgré les périodes de creux et les processus d’écriture interminables. L’honnêteté est également très importante pour moi : rester toujours fidèle à soi-même et refuser de transiger sur ses idées fondamentales.

« J’aurais aimé savoir que le Shoegaze n’était pas réservé aux étudiants en école d’art. »
Taylor Wright - Sunstinger

J’ai découvert votre groupe récemment, mais qu’écoutez-VOUS en ce moment ?

En fait, j’écoute beaucoup plus de musique Hardcore en ce moment, depuis que je suis revenu du festival Outbreak le mois dernier :

Trapped Under Ice

End It

Fiddlehead

High Vis

Côté Shoegaze, en ce moment, je dirais :

Sleepwalk

Glare

YEAHRS

Silk

Si votre vie était un film, quelles chansons figureraient sur la bande originale ?

C’est assez difficile… Le film se terminerait sur ‘Ceremony’ de Joy Division / New Order. C’est tout, une seule chanson !

What’s next?

Notre EP SPARE ME THE RAPTURE sortira le 27 août. Les précommandes du vinyle en édition limitée sont disponibles dès maintenant via notre page Bigcartel.

Après la sortie de l’EP, nous reprendrons les concerts à travers le Royaume-Uni et l’Irlande :

> 28 août : Dublin, GAZE FEST

> 29 août : Belfast, GAZE FEST

> 4 septembre : Aberdeen, Cafe Drummonds

> 6 septembre : Édimbourg, PSYCH FEST

> 14 novembre : Dunfermline, PJ Molloy’s

Et pour finir… puisque ce média s’appelle House of Freaks, j’aimerais savoir quel est votre film d’horreur préféré et votre bande originale de film d’horreur préférée ?

Probablement The Shining. Je sais que ce n’est pas très original, mais j’adore ce film et j’ai toujours un faible pour les films d’horreur plus psychologiques. Je ne suis toutefois pas assez branché pour me souvenir des bandes originales !

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Crédit photo : Dave Buron
sunstinger band fife scotland shoegaze alternative noise rock joy division slowdive

Sunstinger

Origine : Fife, Écosse

Genre.s / sous-genre.s : Shoegaze / Noise Rock